Publié par : Lynda Dumais | 9 avril 2014

Culture : la métaphore de l’oignon

La compréhension des postulats de base culturels contribuent à une meilleure compréhension des comportements relationnels.

Le construit de la culture réfère à un collectif et se veut système de sens. Cependant, non seulement ne s’exprime-t-il pas de façon uniforme au niveau individuel mais plusieurs dimensions doivent être prises en compte pour sa compréhension. Schein (1984), dans une association entre culture nationale et culture organisationnelle, identifie trois catégories de dimensions fréquemment représentée sous la forme de strates superposées (Hall, 1984; Schein, 1984a et b; Hofstede, 1997; Trompenaars et Hampden-Turner, 1998; Barth, 2002) :

  • Postulats de base
  • Valeurs
  • Artefacts

La figure ci-dessous reflète cette notion de profondeur de la culture. Mieux connue sous la désignation de « métaphore de l’oignon », la conceptualisation renvoie à une structure systémique et intégrée du construit stratifié de la culture et à un continuum allant de dimensions explicites à implicites (Schein, 1984a; Hofstede, 1984; Trompenaars et Hampden-Turner, 1998). Les dimensions explicites d’une culture donnée peuvent facilement être décrites à un étranger par les membres de celle-ci. Implicites, elles relèvent du domaine de l’inconscient et sont donc moins perceptibles à l’extérieur du groupe.

Profondeur culture (3-14)

Références sur les relations interpersonnelles et le guanxi
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Publié par : Lynda Dumais | 7 avril 2014

Culture : une définition

Les définitions de la culture abondent mais celle-ci nous semble particulièrement pertinente dans le cadre d’une recherche sur les relations interpersonnelles en contexte chinois

[…] we define culture as networks of knowledge, consisting of learned routines of thinking, feeling, and interacting with other people […]. Importantly, culture […] is (a) shared (albeit incompletely) among a collection of interconnected individuals, who are often demarcated […]; (b) externalized by rich symbols, artefacts, social constructions, and social institutions […]; (c) used to form the common ground for communication among members; (d) transmitted from one generation to the next or from old members to new members; and (e) undergoing continuous modifications […]

[…] nous définissons la culture comme un réseau de connaissances, lequel consiste en routines apprises de pensée, de sensation et d’interaction avec les autres […]. Plus important, la culture […] est (a) partagée (bien que de façon incomplète) au sein d’un groupe d’individus interconnectés qui se démarquent souvent des autres […]; (b) externalisée via de riches symboles, artefacts, constructions et institutions sociales […]; (c) utilisée comme terrain commun de communication entre les membres; (d) transmise d’une génération à la suivante ou de membres actuels à nouveaux membres; et (e) sujette à de constantes modifications […] (traduction libre)

Source : Hong, Y. (2009). A dynamic constructivist approach to culture: Moving from describing culture to explaining culture. p. 4.

Références sur les relations interpersonnelles et le guanxi
Publié par : Lynda Dumais | 5 avril 2014

Lexique du guanxi et des relations interpersonnelles (2 de 2)

1 La traduction donnée ici est partielle et n’est donnée que pour faciliter la lecture et permettre l’utilisation de la version romanisée des caractères chinois dans le texte

2 Sources : Université de Beijing, 1990; Gernet, 1992, Yang, 1994; Le Blanc, 2007, Su et Littlefield, 2001.

Voir aussi Lexique du guanxi 1 de 2

 

Publié par : Lynda Dumais | 2 janvier 2014

Le guanxi « actif »

Associé au phénomène de maintien du guanxi, celui de « guanxi actif » (Fan, 2002) est peu discuté dans la littérature en management. Les relations qu’entretient l’individu au sein de son guanxi ne seraient maintenues que lorsque d’autres facteurs – les déclencheurs – entrent en ligne de compte (Fan, 2002). L’un de ces déclencheurs renvoie possiblement au concept d’utilité et de potentiel de réciprocité. Pour être maintenues, les relations au sein d’un guanxi doivent de temps à autre être « réactivées » ou, en d’autres mots, entretenues (Yan, 1996). Les contacts personnels réguliers, les échanges de petits cadeaux et les banquets offerts par les Chinois à leurs partenaires d’affaire constituent autant de moyens utilisés pour ce faire (Yang, 1994; Yan, 1996). Mais cela n’est pas nécessairement suffisant. La perception pour un Chinois d’être en mesure d’« activer » la réciprocité, ou encore d’être lui-même utile et de percevoir l’autre comme potentiellement utile, constituent autant de dimensions à considérer dans l’analyse du phénomène de maintien du guanxi[1].


[1] Notre résidence, réalisée à l’été 2010, nous a peut-être permis d’expérimenter le phénomène avec un membre de notre propre réseau de relations personnelles en Chine. Sachant qu’il lui est de plus en plus difficile de répondre aux besoins de nos entreprises-clientes, celui-ci, maintenant à la retraite, semble souhaiter prendre du recul par rapport à nous. Dans la logique décrite ci-dessus, il ne perçoit peut-être plus pouvoir nous être utile et ne semblerait plus anticiper d’échanges productifs entre nous. Cette réflexion est essentiellement intuitive et demeurerait à être validée.

Publié par : Lynda Dumais | 23 mai 2013

Changement et guanxi

Certaines valeurs facilitent le changement alors que d’autres l’entravent (Harzing et Hofstede, 1996, dans Leung et al., 2005). Comme le changement est perçu par les autorités comme menaçant le climat social harmonieux, les Chinois, par ailleurs associés à des valeurs confucéennes et collectivistes en contexte hautement hiérarchisé, seraient plus enclins à lui résister (Leung et al., 2005).

Le phénomène de résistance au changement expliquerait possiblement en partie pourquoi les relations interpersonnelles et le guanxi sont apparemment si bien enracinés dans le quotidien des Chinois. La nature des relations qu’ils entretiennent avec les étrangers (outsiders) s’en trouverait aussi affectée.

Références sur les relations interpersonnelles et le guanxi
Publié par : Lynda Dumais | 21 mai 2013

Banquet : terrain relationnel d’action

La vision dynamique de la culture, notamment dans le cadre de relations interpersonnelles, fait appel à quatre niveaux d’action (Kluckhohn, 1962) : biologique, social, culturel (normatif) et individuel.

Le banquet en contexte d’affaire chinois constitue une bonne illustration des quatre modalités auxquelles réfère l’auteur. À l’heure du repas, la fonction biologique s’impose : hôtes et invités ont faim. Au niveau social, le banquet renvoie à un besoin d’interactions pour mieux connaître le partenaire et au culturel, il implique des rituels spécifiques au contexte chinois, notamment en termes de placement à la table et disposition des couverts, composition du repas et séquence dans la levée de verres. Finalement, les individus participant à ces banquets sont différents les uns des autres : certains peuvent échanger dans la langue de leurs invités et d’autres non; certains sont plus chaleureux; certains représentent le Parti communiste chinois et d’autres ne sont invités qu’à titre d’ami des organisateurs.

Références sur les relations interpersonnelles et le guanxi
Publié par : Lynda Dumais | 21 mai 2013

Relation – Quatre modalités d’action

La culture n’est pas statique. Sa dynamique est abordée en termes de séquences d’actions et de processus, ainsi que de changement, lesquels affectent les apprentissages et les comportements des individus. Ce qui est déterminant ne se retrouve cependant pas dans le fait de faire des choses, l’acte visible, le discours ou le produit de ceux-ci, mais comment les choses se font. Quatre modalités interdépendantes d’action sont ainsi proposées (Kluckhohn, 1962, p. 25), dont trois éclairent particulièrement bien l’étude du phénomène des relations interpersonnelles en contexte chinois :

  • Modalité 1 – Biologique
  • Modalité 2 – Sociales, quand l’action focalise sur les interactions entre individus et les réactions qui en découlent
  • Modalité 3 – Culturelles (ou normées), lesquelles donnent lieu aux comportements jugés appropriés en certaines circonstances
  • Modalité 4 – Individuelles, spécifiques aux acteurs

Voir aussi une illustration : le phénomène des banquets en contexte chinois

Références sur les relations interpersonnelles et le guanxi
Publié par : Lynda Dumais | 18 mai 2013

L’expertise

Quand un chercheur approfondi un sujet, dans mon cas, les processus associés au développement et au maintien des relations interpersonnelles en contexte chinois, il est possible qu’il soit un jour appelé à titre d’expert pour donner son opinion sur le sujet qui le préoccupe. Au cours de ma carrière, j’ai souvent été sollicitée par les médias … et j’en étais fière. Après avoir vu ce reportage, et parce que la quête de connaissance rend un peu plus humble, j’y penserai à deux fois avant de donner mon avis.

Experts (5-13)

Publié par : Lynda Dumais | 17 mai 2013

Publier (2 de 2)

L’idée de rendre accessible à tous le résultat de la recherche fait du sens. Néanmoins, si, comme c’est le cas aujourd’hui, les écrits de sont pas révisés par des pairs en mesure d’en évaluer la méthodologie et la pertinence, comment saurons nous que les résultats que nous avons sous les yeux sont réellement le fruit d’une recherche valide ?

Je dis oui à l’idée de revoir le modèle d’affaire de la publication scientifique pour en faciliter l’accès à un plus grand nombre de personnes. Mais je pose un bémol si cela se fait à n’importe quel prix et sans en avoir réellement compris tous les enjeux. Donc, en écoutant cette vidéo, rappelez-vous qu’on ne parle pas beaucoup de la qualité de ce qui sera mis à la disposition de plus de monde. Il est parfois facile d’accorder du crédit à des papiers sur le simple fait qu’ils sont accessibles sur Internet (voir aussi Publier 1 de 2)

Publié par : Lynda Dumais | 16 mai 2013

Publier (1 de 2)

Une discussion fort intéressante est en cours dans la communauté académique. Elle porte sur la publication d’articles dans les revues scientifiques. Traditionnellement, un chercheur présente un article à une revue. Celui-ci sera révisé par des pairs, des modifications seront peut-être demandées et l’article pourrait, ultimement, être tout de même refusé. Dans un monde ou l’embauche et l’avancement, voire le maintien en emploi, dépend du nombre d’articles publiés dans des périodiques reconnus, le fait de pouvoir publier est vital.

Dans la foulée du phénomène de l’open access (libre accès), par lequel la connaissance scientifique est jugée devoir être accessible à tous, émerge maintenant une autre forme d’accès libre. Celle-ci permet aux auteurs, moyennant des sommes prescrites par des revues scientifiques (certaines reconnues, d’autres non), et sans qu’il y ait obligatoirement d’évaluation par les pairs, de publier en ligne autant d’articles qu’un auteur peut se payer.

Le débat tourne autour d’une question fondamentale pour la communauté de la recherche : comment savoir si les écrits publiés s’appuient sur une recherche valable et des résultats validés ? Bref, une discussion intéressante sur un sujet complexe. En attendant, gare aux articles trop facilement accessibles via Internet !

Publication (4-13)

The Science Gap – Jorge Cham (TED)

Pour en savoir plus :

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