Publié par : Lynda Dumais | 4 mars 2012

Comparaison des cultures nationales

Les études friandes de généralisations culturelles sont nombreuses et très populaires. À première vue, elle nous permettent de « classer » les sociétés sur des continuums qui facilitent en principe l’analyse. Parmi les plus connues figurent les échelles de valeur proposées par Geert Hofstede. Selon la proposition du chercheur, les Canadiens seraient beaucoup plus individualistes que ne le sont les Chinois. Ces derniers, par contre, seraient plus pragmatiques et orientés vers le futur que ne le sont les premiers. Chacune de ces orientations influencent comment les gens se comportent, en société comme en affaire. Jusque là, la proposition fait du sens pour bon nombre de chercheurs. À preuve les milliers d’études et de publications qui citent l’auteur émérite et en emprunte les instruments. Dans les années 90, je trouvais moi aussi ces classifications facilitatrices pour l’enseignement de la gestion en contexte chinois.

Mais aujourd’hui, à l’instar de Graen (2006), je les utilise avec circonspection. Dans une analyse critique de la démarche du Projet Globe, une vaste étude réalisée dans plus de 60 pays sur l’influence de la culture sur le leadership, l’auteur remet en question les fondements de ce type de recherche. Il soutient entre autres que l’approche, qui utilise des moyennes, déforme les résultats en ignorant les variations intra-nationales. Graen se demande comment un échantillon de 300 gestionnaires d’une région donnée de la Chine peut être représentatif d’une nation caractérisée par un grand nombre de sous-cultures et 1,3 milliard d’habitants. Il rappelle pertinemment que les  gens du nord de la Chine parlent des langues différentes, que les Chinois de la côte-est ne comprennent rien à la réalité économique de ceux qui vivent à l’intérieur du pays et que, finalement, la langue parlée à Shanghai n’est comprise que par les Shanghaiiens. S’il parlait du Québec, Graen dirait sûrement qu’il est impossible d’ignorer les spécificités culturelles entre le Québec et le Canada.

Dans la compréhension des relations interpersonnelles en contexte chinois, l’approche TCB (Third Culture Bonding) proposée par Graen apporte un éclairage intéressant. Elle incite à un regard qui contraste avec les stéréotypes généralisateurs de similitudes et de différences basées sur une diversité de surface. Elle impose une analyse en profondeur des sociétés.

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