Publié par : Lynda Dumais | 11 décembre 2011

Relations avec les Chinois : une construction

La question est posée : devons nous modifier nos façons de faire pour les Chinois ? Ces derniers changeront-ils pour nous ? Après-tout, nous sommes les clients !  Qu’est-il advenu des relations-clients tel que définies en Occident ? Voilà la problématique à laquelle s’intéressent le chercheur Philippe d’Iribarne et Christian Herrault, directeur général du Groupe Lafarge dans Gérer en Chine, entre guanxi et bureaucratie céleste.

Selon les auteurs « […] les entreprises mondiales ne doivent ni imiter le management local, ni exporter leurs manières de faire, mais construire patiemment des pratiques en cohérence avec leurs propres valeurs et les références culturelles du pays d’accueil » (d’Iribarne et Herrault, 2010). La logique de réseau (guanxi) propre à la Chine ne peut et ne doit pas d’imposer comme unique logique.

« Le mode de management introduit par Lafarge en Chine est inspiré par une conception de l’exercice du pouvoir enracinée dans une vision politique occidentale valorisant l’égalité devant la loi et le libre débat. Sa réception par le personnel chinois montre comment un tel mode de management peut être accueilli dans un contexte culturel où prévaut une autre conception du pouvoir. Un système de règles appliquées avec une grande rigueur, spécialement en matière d’évaluation des performances, est reçu avec faveur par le personnel alors qu’il conduit à l’écarter fortement des pratiques usuelles des entreprises chinoises, privées ou d’État, où les solidarités entre membres de réseaux (guanxi) tiennent une place essentielle. Cet accueil favorable tient au fait qu’un tel système n’est pas étranger à l’univers culturel chinois : il prend sens en référence aux attentes traditionnelles à l’égard d’un pouvoir juste et nourricier exercé par la bureaucratie céleste. En revanche, Lafarge n’a pas réussi à faire accepter par son personnel chinois une expression directe des désaccords, entre supérieurs et subordonnés comme entre pairs : dans l’univers mental chinois, une telle expression ne trouve pas de référence susceptible de lui donner un sens positif » (D’Iribarne, 2009)

Voir aussi L’épreuve de la différence. L’expérience d’une entreprise mondiale


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